
Le procès lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, devant un tribunal fédéral à Miami, a franchi une étape importante avec de nouveaux témoignages et révélations sur la préparation du complot.
Selon le Miami Herald, l’avocat équatorien José Antonio Corrales a reconnu avoir rédigé, depuis l’Équateur, un projet de mandat d’arrêt visant Jovenel Moïse. Ce document, présenté comme une procédure judiciaire, aurait été conçu en dehors des standards légaux habituels.
Corrales a expliqué avoir voulu produire un acte “plus puissant et contraignant” qu’un mandat classique, estimant qu’il s’agissait d’une situation politique exceptionnelle. Il affirme également avoir été rémunéré environ 800 dollars pour ses services de consultant par la firme CTU (Counter Terrorist Unit). Il dit ne pas avoir consulté de juristes haïtiens, invoquant des raisons de sécurité.
Les accusés soutiennent que la présence d’anciens militaires colombiens en Haïti aurait été liée à l’exécution d’un mandat légal. Cette version est contestée par la justice haïtienne. Le juge d’instruction Jean Roger Noëlcius, entendu par vidéo, a rappelé qu’aucun juge ne peut légalement destituer un président en fonction par un simple mandat.
De son côté, le procureur Jason Wu a critiqué le recours à un avocat étranger ne maîtrisant ni le français ni le créole pour la préparation de documents aussi sensibles.
Des éléments présentés au jury mentionnent également des rapports selon lesquels l’ancien président Michel Martelly et l’ex-Premier ministre Ariel Henry auraient été informés de certains développements liés à Joseph Félix Badio pendant sa fuite.
D’autres allégations suggèrent que certaines actions de l’enquête en Haïti auraient été ralenties, notamment par des changements dans des postes clés. Ariel Henry a toujours rejeté ces accusations.
L’audience a été particulièrement chargée en émotions, notamment lors de la présentation d’images de drones et de photographies liées à l’autopsie du président, ce qui a profondément marqué plusieurs personnes présentes dans la salle.
Les plaidoiries finales sont prévues pour le début de la semaine prochaine. Le verdict sera rendu par un jury de 12 citoyens américains. Les quatre accusés principaux -Arcángel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, James Solages et Walter Veintemilla -attendent désormais la décision de la justice.
Au-delà du procès, cette affaire continue de soulever de nombreuses interrogations sur les implications internationales et politiques de l’assassinat de Jovenel Moïse, un événement qui a profondément bouleversé Haïti.