
PORT-AU-PRINCE – Nouveau rebondissement dans le paysage judiciaire haïtien. L’ancien sénateur du Centre, Rony Célestin, est formellement attendu à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) le mardi 31 mars prochain.
Cette convocation intervient dans un climat politique trouble, marqué par le retour en influence de figures sanctionnées sous la transition de Didier Fils-Aimé.
Selon une correspondance officielle consultée par notre rédaction, la DCPJ, à travers son Bureau des Affaires Financières et Économiques (BAFE), a fixé l’audition de l’ancien sénateur à 11 heures du matin dans ses locaux.
Une convocation sous le sceau de la discrétion
Le document, signé par l’inspecteur général Marc Justin, directeur central de la DCPJ, reste laconique. Le motif exact de l’enquête n’est pas précisé. Toutefois, le recours au BAFE, une unité spécialisée dans les crimes en col blanc, le blanchiment d’argent et la corruption, laisse peu de doute quant à la nature financière des investigations.
Pour l’heure, le statut de Rony Célestin (témoin ou suspect) n’a pas été communiqué. Cette démarche confirme néanmoins l’intérêt soutenu des autorités pour ses activités passées.
Un profil lourdement chargé
Rony Célestin n’est pas inconnu des services de renseignement financiers, tant nationaux qu’internationaux. Il a déjà été épinglé par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) dans des rapports évoquant des faits présumés de corruption.
Par ailleurs, il figure sur des listes de sanctions du Canada et des États-Unis, qui l’accusent notamment d’avoir utilisé son influence politique pour favoriser des activités illicites.