
L’Agence nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANESRS) a rendu publique, ce lundi 20 avril 2026, une circulaire interdisant formellement toute activité administrative, académique ou de certification à l’institution dénommée « El Shaddai International Christian University ».
Cette décision, signée par le Dr Hérold Toussaint pour le compte du conseil de l’ANESRS, intervient après que l’agence a eu vent de l’organisation prochaine d’une cérémonie de graduation par ladite institution.
Une institution hors-la-loi
Les vérifications effectuées par l’organe de régulation ont été sans appel : l’institution ne dispose d’aucune autorisation légale de fonctionnement sur le territoire haïtien.
Elle n’a également aucune accréditation officielle pour les programmes de formation qu’elle prétend offrir au public. Selon l’ANESRS, ces manquements constituent une violation flagrante des dispositions réglementaires en vigueur qui encadrent le secteur de l’enseignement supérieur en Haïti.
Sanctions sévères prévues par la loi
Dans sa note, l’ANESRS rappelle aux responsables de cette institution et à ceux de toute autre structure opérant dans l’illégalité les risques qu’ils encourent, en se basant sur le décret de mars 2020 portant organisation, fonctionnement et modernisation de l’enseignement supérieur.
L’article 214 dudit décret stipule que toute personne qui crée ou dirige un établissement privé d’enseignement supérieur sans l’autorisation requise est passible d’une peine d’emprisonnement de cinq (5) à sept (7) ans, assortie d’une amende allant de cinq (5) à dix (10) millions de gourdes.
Par ailleurs, l’article 217 du même texte de loi étend ces sanctions à « toute personne qui s’octroie frauduleusement des diplômes ou des titres académiques ».
Une mise en garde ferme
L’Agence nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ne compte pas en rester là. Elle annonce qu’elle se réserve le droit de saisir les autorités judiciaires compétentes afin que les faits constatés fassent l’objet de suites légales appropriées.
Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de réguler un secteur de plus en plus marqué par la prolifération d’institutions fonctionnant en marge du cadre légal.