
Face à l’aggravation de la crise pétrolière, le gouvernement haïtien serre la vis. Par une circulaire datée du 31 mars 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé une série de mesures strictes visant à réduire de manière significative les dépenses de l’État.
Diffusée ce mardi sous la référence Circulaire 017, la décision s’appuie sur un constat préoccupant : la flambée des prix des produits pétroliers sur le marché international, combinée à des risques de rupture d’approvisionnement, menace sérieusement l’équilibre macroéconomique du pays, déjà fragile.
Des mesures drastiques pour réduire les dépenses
Dans ce contexte tendu, la Primature a décidé de frapper fort en ciblant directement le train de vie de l’administration publique. Quatre mesures principales sont mises en application « jusqu’à nouvel ordre »
Interdiction formelle d’acquérir de nouveaux véhicules pour toutes les institutions de l’État
;Réduction des crédits de carburant, ce qui devrait limiter les déplacements administratifs ;
Encadrement strict des missions à l’étranger, désormais réservées aux déplacements jugés essentiels et soumis à l’approbation préalable de la Primature ;
Diminution des dispositifs de sécurité, avec un maximum d’un véhicule d’escorte par personnalité publique, lorsque nécessaire.
Une réponse à une urgence économique
Au-delà d’un simple ajustement budgétaire, ces mesures traduisent une véritable stratégie de survie économique. Le gouvernement affirme vouloir préserver la stabilité financière du pays tout en garantissant la continuité des services sociaux essentiels à la population.
L’objectif est également de maintenir une capacité d’intervention dans des secteurs prioritaires, notamment la sécurité, tout en conservant une marge de manœuvre pour une éventuelle relance économique.
Un défi d’application
La réussite de cette politique d’austérité dépendra toutefois de sa mise en œuvre effective. Le Premier ministre a ainsi appelé les ordonnateurs publics à veiller à une application stricte des nouvelles dispositions.
Reste désormais à savoir si ces mesures suffiront à contenir les effets de la crise pétrolière sur les finances publiques, ou si d’autres restrictions seront nécessaires dans une administration déjà confrontée à des ressources limitées.